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Tout est bon !

Les vagues azurées, frangées d’écume, battaient inlassablement une plage de sable et de corail ombragée par les cocotiers.

Au fond d’une fosse, des branches flambaient joyeusement, projetant de claires étincelles mêlées à une odorante fumée blanchâtre vite dispersée par les alizés.

Non loin du trou, deux hommes débitaient des morceaux de viande en devisant joyeusement.

La lèvre gourmande, ils observaient la lente descente du soleil sur l’horizon.

Quand le disque ensanglanté touchera l’océan, le festin pourra commencer !

On ouvrira le trou où la viande avait mijoté, enveloppée de feuillage, et parfumée par les braises encore brûlantes.

Un peu plus loin dissimulés par les palétuviers en fleur au parfum entêtant, deux jeunes gens se cachaient pour mieux expérimenter l’étrange coutume importée par les marins du capitaine Cook.

Bizarrement, ces hommes à la peau blafarde, ces barbares venus sur d’énormes vaisseaux de bois poussés par les alizés, ne contaient pas fleurette comme les gentils indigènes des îles sous le vent.

Au lieu de se frotter tendrement le nez pour un câlin ou en prélude à une étreinte magique, ils forçaient la bouche des jeunes femmes, aspiraient leurs lèvres et leur langue !

Une fois surmonté leur dégoût légitime, les autochtones avaient trouvé un certain plaisir à coller leurs lèvres contre celles de leurs compagnes, à mêler les langues, à mélanger une salive teintée à la noix de coco.

En fin de compte, il y avait du bon chez ces lourdauds de barbares venus de l’autre côté des mers.

§3§3§3§3§§3§3§

Le ciel rougeoyant célébrait les noces quotidiennes du soleil et de la mer.

Dans la fosse, enveloppée de larges feuilles vertes et lentement mitonnée à chaleur des braises, la viande avait fini de cuire.

— Venez, venez, criait l’homme en jupe de raphia, le cochon long est cuit. Venez, venez goûter cette viande !

Assis en rond, ils ont déchiré à pleines dents la viande blanche alors que le soleil disparaissait à l’horizon, illuminant d’une lueur pourpre les voiles du vaisseau qui fuyait vers des terres plus hospitalières.

— Oui, vraiment, reprirent en chœur les indigènes aux dents pointues, la bouche pleine. Oui, vraiment, chez ces hommes à la peau blême, tout est bon !

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