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Jésus ou Menahem ?

Dans mon roman « Fursan, À la découverte du Graal », je cite Menahem, un grand prêtre juif qui a été assassiné en l’an -4 dès le décès d’Hérode. D’après certaines sources, Menahem serait le “maître” cité dans les Manuscrits de la Mer Morte. Dans mes romans, je le place comme le modèle ayant servi à élaborer la légende de Jésus. N’oubliez pas que Jésus, Christ et Messie sont des synonymes de différentes origines.

Wikipédia Menahem (Zougot) précise : Flavius Josèphe indique que Menahem était Essénien, qu’il avait rencontré Hérode enfant, et lui aurait prédit son règne bien qu’il ne soit pas d’ascendance royale, raison pour laquelle Hérode était tolérant avec les Esséniens, même si ceux-ci refusaient de lui prêter serment. Une fois roi, Hérode se serait souvenu de la prédiction de Menahem et l’aurait appelé pour écouter ses conseils.

Je cite aussi la déesse Inanna dans « Fursan : le Graal en Mayenne et Orne ». Inanna, c’est la déesse de l’amour et de la fertilité, la dame du ciel, c’est elle qui vole à Enki les bienfaits qui seront répandus sur les hommes. La déesse du ciel et de la terre désirait descendre aux enfers, au séjour des morts, et s’en rendre maîtresse. Sa sœur et ennemie jurée Ereshkigal, maîtresse des lieux, la mit à mort ; Inanna ressuscita le troisième jour. Et cela des millénaires avant notre ère.

L’article suivant abonde dans ce sens :

Actualité Débats. L’affaire du Messie d’avant Jésus ; par Jérôme Cordelier

Publié le 31/08/2001 à 17 :08 | Modifié le 19/01/2007 à 17 :01 Le Point

http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/2007-01-19/l-affaire-du-messie-d-avant-jesus/989/0/56867

C’est une question taboue. Elle concerne Jésus. Il fut un temps où le débat était impossible. Ce débat risque d’être relancé aujourd’hui par un ouvrage, « L’autre Messie » (Albin Michel, à paraître le 3 septembre, traduit de l’anglais par Gabriel Raphaël Veyret), dont Le Point publie des extraits. L’auteur, Israël Knohl, est directeur du département biblique à l’Université hébraïque de Jérusalem. Il est juif, cela a son importance. Quelle est sa thèse ? Qu’il y eut, une génération avant Jésus, un autre Messie, le leader de la communauté de Qumrân, répondant au nom de Menahem. Rien d’étonnant… L’histoire juive répertorie une dizaine de messies ou prophètes « officiels ». Sans compter le célèbre Jean le Baptiste, qui joua un rôle dans la « formation » de Jésus et qui, selon la version des Evangiles, en fut le précurseur. Pourquoi alors Knohl se focalise-t-il sur ce Menahem ? Parce que celui-ci aurait, selon l’auteur, connu le même destin que Jésus. Menahem se voyait comme le Messie, il était perçu comme tel par sa communauté, il fut assassiné par les soldats romains et son corps fut abandonné dans la rue, sans sépulture. Et, « après le troisième jour », il ressuscita. Cette histoire, toujours selon l’interprétation de Knohl, fut transmise à Jésus par les disciples de Menahem. Jésus connaissait donc son caractère messianique – ce qui va à rebours des exégèses courantes – et savait qu’il serait rejeté, tué, et qu’il ressusciterait après trois jours. Puisque cela était arrivé à Menahem…

Le fondement de cette thèse ? Des fragments des fameux manuscrits découverts en 1947 dans les grottes de Qumrân, à une centaine de kilomètres de Jérusalem, au-dessus de la mer Morte. En les confrontant à d’autres sources – Évangiles, textes rabbiniques, témoignages historiques –, Israël Knohl met à jour l’existence de Menahem, son caractère messianique, ses traits de ressemblance avec Jésus. Cette thèse suscitera évidemment polémiques et contestations. Doit-on pour autant la passer par pertes et profits ? Non. Inédite, elle est un apport scientifique indéniable

Le Messie de Qumrân comme révélateur de l’autoperception messianique de Jésus

Après que Jésus eut entendu la voix venue du ciel pendant que Jean le baptisait, il garda pour lui le secret de sa mission messianique et ne le révéla à personne. La première fois où Jésus en fit état devant ses disciples est relatée dans l’Évangile de Marc (8, 27 29-31) :

« Mais pour vous, demandait-il [aux disciples], qui suis-je ? » Pierre lui répondit : « Tu es le Christ [Messie]. » Alors il leur enjoignit de ne parler de lui à personne. Et il commença de leur enseigner : « Le fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter. »

Ce récit pose de nombreuses questions. Jésus s’est-il vu lui-même comme « le fils de l’homme » ? Si c’est le cas, pourquoi a-t-il parlé du « fils de l’homme » à la troisième personne ? Jésus a-t-il été capable de prévoir son rejet, sa mort et sa résurrection ?

(…) La tendance majoritaire dans les études néotestamentaires depuis plus d’un siècle a été de dénier l’authenticité historique de ce récit. Jésus, affirment les tenants de ce courant dominant, ne s’est pas considéré lui-même comme le Messie et n’a pas été reconnu comme tel par ses disciples. Il n’a pas pu prévoir ses souffrances, sa mort et sa résurrection et cette prédiction lui a été attribuée, par conséquent, à une date ultérieure. Selon Bultmann : « La scène de la confession de Pierre n’est pas une preuve a contrario, au contraire ! Car c’est un récit pascal interpolé tardivement dans la vie de Jésus. » (NDLR : le pasteur allemand Rudolf Bultmann, l’un des plus grands exégètes du XXe siècle, a marqué la pensée chrétienne en tentant d’établir la foi au-delà des mythes – la « démythologisation ».)

Bultmann soutient que toutes les prédictions par Jésus de sa passion et de sa résurrection sont des constructions ultérieures puisque « l’idée d’un Messie ou d’un fils de l’Homme souffrant, mourant et ressuscitant était inconnue du judaïsme ».

Un point de vue similaire a récemment été exprimé par G. Vermes, un éminent spécialiste des rouleaux de la mer Morte et du Nouveau Testament, qui écrit : « Ni la souffrance du Messie ni sa mort et sa résurrection ne paraissent appartenir à la foi du judaïsme du Ier siècle. »

Notre étude a révélé que cette opinion n’est vraie qu’en partie seulement. Elle s’applique, en effet, à la majorité de juifs au début du Ier siècle de notre ère, mais pas aux disciples du Messie de Qumrân. Ce groupe, en réponse au choc traumatique de l’an 4 avant l’ère courante, a inventé un messianisme « catastrophique » fondé sur les versets bibliques. Les membres de ce groupe croyaient que la souffrance, la mort et la résurrection du Messie constituaient un fondement nécessaire au processus de rédemption.

Durant sa vie, le Messie de Qumrân s’est dépeint lui-même comme une combinaison de « fils de l’homme », qui siège sur un trône de puissance au ciel, et de « serviteur souffrant », qui porte sur ses épaules toute la douleur du monde. Comme nous l’avons vu, ce Messie reprenait pour lui les mots d’Isaïe 53 : « objet de mépris et abandonné des hommes ». Nous avons là la démonstration claire que l’idée d’un Messie souffrant existait déjà une génération avant Jésus.

Selon Hystaspe (NDLR : roi de Médie supposé avoir vécu pendant la guerre de Troie), la résurrection du grand prophète, que nous avons identifié comme le Messie de Qumrân, avait lieu « après le troisième jour ». Comme nous l’avons remarqué, la croyance en la résurrection du Messie après trois jours était liée au fait que les Romains avaient interdit pendant trois jours d’enterrer son corps, le laissant dans la rue, afin que tous le voient.

Jésus s’attendait à ce que le sort du « fils de l’homme » soit le même que celui du Messie de Qumrân. Il prévoyait que le « fils de l’homme » serait tué de la même façon que l’avait été le Messie de Qumrân par les soldats romains. Et il s’attendait aussi à ce que « le fils de l’homme » se relève après trois jours, tout comme on croyait qu’il en était pour le Messie de Qumrân ressuscité « après le troisième jour ».

(…)

Du Paraclet de l’Évangile de Jean au Messie de Qumrân

Selon l’Évangile de Jean, alors qu’il partageait avec eux le dernier repas, Jésus promit à ses disciples qu’il demanderait au Père – c’est-à-dire à Dieu – de leur envoyer « un autre Paraclet ». Le Paraclet, appelé aussi « Esprit Saint » et « Esprit de vérité », les guiderait dans la vérité et leur expliquerait « les choses à venir ». Le Paraclet établirait aussi « la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement ». Au vu de ces déclarations, le Paraclet apparaît comme un maître, un prophète qui prédit l’avenir, quelqu’un capable de révéler des vérités. À ses disciples, Jésus disait aussi que le Paraclet ne viendrait que si et lorsque lui-même aurait quitté le monde. Nous pouvons donc en tirer la conclusion que Jésus considérait le personnage étonnant du Paraclet comme quelqu’un devant le remplacer.

Deux questions surgissent alors. La première : pourquoi appelait-on cette figure étonnante le « Paraclet » ? De plus, selon Jean (14, 16), Jésus parlait de ce personnage comme un autre Paraclet. Il apparaît donc que Jésus se percevait lui-même comme un Paraclet. Surgit alors la seconde question : pourquoi Jésus s’est-il décrit lui-même de cette manière ?

Avant tout, nous devons examiner la signification du mot « paraclet » à l’époque où l’Évangile fut écrit. Le premier sens a rapport avec les cours de justice. Selon les sources grecques, d’une part, et rabbiniques, de l’autre, le Paraclet était l’avocat qui assurait la défense dans un procès. Mais rien, dans la description que donne l’Évangile de Jean des fonctions du Paraclet n’évoque un rôle juridique de cette sorte. Dans d’anciennes traductions de la Bible, le mot « paraclet » et les verbes qui se rapportaient à lui étaient utilisés pour traduire le verbe hébreu nahem (« consoler ») et les noms menahem, menahemim (« consolateur », « consolateurs »). C’est pour cela que les Pères de l’Église ont parlé du Paraclet comme de quelqu’un qui console les affligés. Mais cette interprétation ne s’accorde pas non plus avec la description donnée par l’Évangile de Jean puisque la consolation des affligés n’est pas répertoriée dans la liste des fonctions du Paraclet. La tentative de trouver des analogies gnostiques avec la figure du Paraclet n’est pas plus convaincante.

La découverte des manuscrits de la mer Morte a, pourtant, jeté une lumière nouvelle sur le Paraclet. L’Évangile de Jean décrit le Paraclet comme l’« Esprit de vérité » (14, 17). Dès avant la découverte de ces rouleaux, des spécialistes avaient attiré l’attention sur les origines juives de cette expression. Les rouleaux font apparaître avec évidence que « l’Esprit de vérité » jouait un rôle central dans la théologie de la communauté de Qumrân. Il représentait le côté positif dans la vision dualiste, caractéristique de Qumrân, qui opposait lumière et ténèbres, vérité et mensonge. Plusieurs spécialistes ont, en conséquence, estimé que la figure du Paraclet chez Jean était liée à la philosophie inhérente aux rouleaux de la mer Morte.

(…)

Selon l’Evangile de Jean, Jésus parla du Paraclet lors du dernier repas. La tradition chrétienne situe cette dernière cène sur le mont Sion, à Jérusalem, lequel est le lieu où avait vécu et agi Menahem l’Essénien. Il semble que la « chambre haute » dans laquelle se déroula le dernier repas appartenait à l’un des Esséniens qui étaient restés à Jérusalem après la mort de leur chef. Les mots employés par Jésus lors du dernier repas attestent, eux aussi, de la relation étroite qui existait entre Jésus et Menahem.

Jésus s’est considéré comme le Messie. Il a réellement prévu qu’il allait souffrir et mourir. La vision qu’il avait de son rejet, de sa mort et de sa résurrection à venir prenait appui sur la vie et la mort de son prédécesseur. Désormais, nous pouvons dire que Jésus était vraiment « un autre Paraclet » – un second Menahem.

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